Publié le 29 juillet 2026
Feuilles d'information violence
17 feuilles d’information renseignent sur les fondements et les formes spécifiques de la violence domestique ainsi que sur la situation juridique prévalant en Suisse.
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Bases
La violence domestique est un phénomène répandu et complexe. Les documents ci-dessous permettent d’en cerner les contours en Suisse. Ils proposent notamment des définitions de base, des données statistiques et d’autres informations essentielles pour appréhender l’ampleur et les caractéristiques du phénomène.
La notion de violence domestique comprend toutes les formes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique et peut toucher des per sonnes des deux sexes et de tout âge. Elle survient généralement au sein de la famille et du ménage, mais peut aussi toucher des personnes dans une relation présente ou passée et qui ne vivent pas dans le même ménage. Les conséquences tant au niveau de la santé qu’au niveau social peuvent être graves pour les personnes concernées. Outre la souffrance individuelle, la violence domestique entraine des coûts sociaux élevés.
La violence dans le couple a des causes multiples. Les caractéristiques liées à la personnalité des partenaires ne suffisent pas, à elles seules, à l’expliquer. En fait, elle est influencée par des facteurs aux niveaux de la relation, de la communauté et de la société. La violence conjugale est souvent la résultante de l’interaction de plusieurs facteurs à tous ces niveaux. Certains d’entre eux ont pour effet d’augmenter le risque de violence alors que d’autres ont un effet protecteur face à la violence et à ses conséquences. Il est essentiel de connaître ces facteurs de protection et de risque pour pouvoir mettre en place des mesures de prévention efficaces.
Les relations empreintes de violence au sein des couples adultes présentent une grande variété de dynamiques relationnelles et de violences différentes. En dépit de ces différences, il est possible d’identifier des schémas fondamentaux applicables à l’émergence, l’évolution et la fin de la violence. Les connaissances en la matière permettent de considérer chaque cas de manière différenciée et sont à la base d’un travail d’intervention, de conseil et de thérapie efficace.
En Suisse, différentes statistiques, études auprès de la population et autres sources de données provenant des services spécialisés s’occupant de violence domestique sont disponibles. En outre, différentes études analysent en profondeur des problèmes spécifiques ou s’attachent à expliquer la situation de groupes de victimes déterminés. L’ensemble de ces informations permet d’avoir une vision fiable et actuelle de l’ampleur de la violence domestique.
Les chiffres livrés par des études représentatives réalisées auprès de la population informent sur l’étendue de la violence domestique dans la société. Il s’avère que la violence domestique fait des victimes parmi les hommes aussi bien que parmi les femmes, ces dernières en sont néanmoins plus de deux fois plus souvent les victimes. La violence domestique peut toucher tous les membres du réseau relationnel familial : un enfant sur six est exposé à la violence entre ses parents. À contrario, il arrive que ce soient les enfants et les adolescent·e·s qui fassent subir des violences à leurs parents. En outre, les personnes âgées qui sont dépendantes d’assistance risquent davantage d’être victimes de la violence domestique.
Les femmes et les hommes subissent différentes formes de violence et pré sentent des schémas de réaction et de contrôle de la situation distincts. Tandis que les femmes sont essentiellement victimes de la violence dans la sphère domestique, les hommes sont la plupart du temps victimes de la violence dans l’espace public. Les hommes sont aussi victimes de la violence domestique, généralement d’une violence physique légère. En revanche, les femmes subissent bien plus souvent une violence domestique grave et répétée. Elles souffrent plus fortement des conséquences de la violence et s’adressent plus volontiers à une aide professionnelle.
Informations spécifiques à la violence
La violence domestique peut survenir dans de nombreux contextes et prendre des formes diverses. Les documents suivants fournissent des informations complémentaires permettant de mieux comprendre les différentes manifestations de la violence domestique, les facteurs qui y sont liés ainsi que les approches d’intervention auprès des personnes auteur.e.s. de violence.
La séparation et le divorce changent presque toujours radicalement la vie. C’est la raison pour laquelle les situations de séparation recèlent un risque accru d’émergence de la violence domestique et un risque nettement plus élevé de violence grave, voire d’une violence entraînant la mort. Ce risque concerne surtout les relations déjà empreintes de violence domestique avant la séparation. Néanmoins, même dans les couples jusqu’alors non violents, une telle situation peut déclencher l’émergence de la violence domestique. Dans de nombreux cas, des enfants en sont aussi victimes – leur protection mérite une attention particulière.
Le stalking (ou harcèlement obsessionnel) consiste à menacer, persécuter et harceler une personne avec insistance. Les victimes de stalking se sentent menacées ou atteintes dans leur intégrité sur les plans psychique, physique et social. Le phénomène du stalking est plus répandu que ce qu’on imagine et il touche plus les femmes que les hommes. Un soutien aussi rapide que possible apporté aux victimes et des mesures de police préventive sont considérés comme des piliers essentiels de la lutte contre ce fléau. En Suisse, des mesures de droit pénal et civil permettent d’agir contre les auteur∙e∙s de stalking et de protéger les victimes.
Les enfants et les adolescent·e·s qui grandissent dans un contexte de violence domestique sont exposés à d’importantes sources de stress. L’exposition à la violence entre leurs référents proches représente déjà une forme de violence domestique à l’encontre des enfants et entraîne parfois de lourdes conséquences jusqu’à l’âge adulte. En présence de violence conjugale, il y a lieu d’admettre une mise en danger du bien de l’enfant exigeant une intervention rapide et appropriée. Il importe de stopper la violence et, tout particulière ment, d’identifier l’exposition à la violence des enfants. Pour aider les enfants et adolescent·e·s victimes, il est également essentiel que tous les services im pliqués travaillent en étroite coopération et que des mesures visant à renfor cer les compétences éducatives des parents soient prises.
En Suisse, les comportements dépassant les limites, blessants ou violents d’ordre physique ou psychique sont répandus parmi les couples de jeunes. Dans ce contexte, la violence est souvent réciproque. Les deux partenaires exercent la violence et la subissent tout à la fois. Seule une faible proportion des victimes cherche à se faire aider. Des mesures préventives telles que l’encouragement à développer des compétences permettant de résoudre les problèmes et les conflits ou la réflexion sur les conceptions traditionnelles des rôles femmes/hommes peuvent aider à réduire ce risque.
La violence domestique a des causes multiples. Elle se manifeste dans toutes les couches de la société et au sein de toutes les populations. On constate cependant une surreprésentation des cas en lien avec des personnes issues de la migration. En Suisse, la population étrangère se trouve davantage que la moyenne exposée à des facteurs reconnus comme générateurs de risque de violence. Cette situation requiert des mesures de prévention ciblées.
Dans le contexte de la violence domestique, les auteur∙e∙s ont recours aux armes les plus variées. Il s’agit par exemple d’armes à feu, de couteaux, d’armes blanches, d’objets contondants et tranchants ou même de la force physique. Le recours à des armes à feu est relativement rare mais lorsque c’est le cas, le risque de mourir encouru par la victime est plus élevé que lorsque d’autres armes sont utilisées. Le lien entre la présence d’armes à feu et les homicides, suicides compris, est scientifiquement démontré. La Suisse fait partie des États comptant une grande quantité d’armes à feu conservées dans les ménages privés. Sur le plan politique, divers efforts sont menés pour renforcer la prévention contre la violence par les armes.
Pour prévenir de nouveaux incidents de violence dans la famille et au sein du couple, il est indispensable que les auteur∙e∙s de ces violences assument la responsabilité de leurs actes et qu’ils reconnaissent les graves conséquences que la violence a pour leur partenaire et leurs enfants. Généralement, une intervention extérieure permet d’engager ce processus avec profit, qu’il s’agisse d’une entrée en contact proactive, d’une consultation à bas niveau, d’un programme de prévention de la violence ou d’une thérapie. Toutes ces formes d’intervention nécessitent la prise en compte des caractéristiques person nelles et contextuelles de l’auteur∙e dans le but d’être le plus efficace possible. Les évaluations révèlent que la disposition de la personne concernée à coopérer n’est pas une condition impérative pour le succès de l’intervention.
Situation juridique
Les documents suivants permettent de mieux comprendre les bases juridiques relatives à la violence domestique, les procédures civiles et pénales prévues par le droit suisse ainsi que le rôle des conventions internationales.
La loi suisse réprime les actes de violence, qu’ils soient commis dans l’espace public ou dans la sphère privée. Les actes de violence commis dans le couple sont sanctionnés pénalement et poursuivis d’office, c’est-à-dire sans que la victime n’ait à déposer plainte. Les lois fédérales et cantonales réglementent la gestion de la violence domestique et les procédures qui y sont liées.
Le Code de procédure civile suisse (CPC) règlemente les droits et obligations à respecter dans les procédures de droit civil. Cela concerne également la procédure en cas de violence domestique. Il existe plusieurs manières de procéder devant le tribunal.
Le code de procédure pénale suisse (CPP) règle la procédure pénale de manière uniformisée dans l’ensemble de la Suisse. Il contient aussi des dispositions sur les droits des victimes de violence domestique et de leurs proches dans la mesure où elles font valoir des prétentions civiles.
Les droits humains règlent les rapports entre l’État et ses citoyennes et citoyens. Ils confèrent à ces derniers non seulement une protection contre les abus des autorités étatiques mais ils contraignent aussi l’État à protéger les individus contre les agressions commises entre personnes privées. En signant différentes conventions internationales, la Suisse s’est engagée par contrat à garantir les droits humains. La violence domestique viole les droits humains et requiert dès lors que l’État prenne des mesures en vue de protéger les victimes.
