Chiffres et faits

  Différence moyenne Part expliquée Part non expliquée Différence non expliquée basée sur la moyenne
Ensemble 18.3%
(1'455 Fr. par mois) 
56% 44% 7.7%
Secteur privé 19.6%
(1'532 Fr. par mois) 
57% 43% 8.1%
(657 Fr. par mois) 
Secteur public 16.7%
(1'498 Fr. par mois) 
65% 35% 5.9%
(522 Fr. par mois) 
(Source: Enquête suisse sur la structure des salaires 2016, Office fédéral de la statistique OFS)

Par rapport à celle d’un homme, la fiche de salaire d’une femme est inférieure en moyenne de 1455 francs, soit de 18,3 %, par mois. 56 % de cette différence s’expliquent par des facteurs objectifs tels que la position professionnelle, l’ancienneté ou le niveau de formation. Toutefois, 44 % de l’écart de salaire ne s’expliquent pas par des facteurs objectifs et recouvrent une potentielle discrimination salariale sur la base du sexe.

L’écart de salaire expliqué est dû à des effets dits de dotation ou à des différences structurelles entre les parcours professionnels des femmes et des hommes : les femmes gagnent moins que les hommes, entre autres parce qu’elles sont plus faiblement représentées dans des postes aux exigences élevées et dans des postes de cadre, parce que leur niveau de formation reste encore un peu inférieur en moyenne, et parce qu’elles sont plus nombreuses que les hommes dans des branches à bas salaires.

L’écart de salaire inexpliqué ne peut pas être justifié par des effets de dotation et recouvre une discrimination potentielle basée sur le sexe. Selon une estimation de l’Office fédéral de la statistique (OFS), cette discrimination potentielle a représenté une perte de salaire totale pour les femmes de 7,7 milliards de francs en 2010.

Secteur privé et secteur public

Pour l’ensemble du secteur privé, la différence salariale s’élève en moyenne à 19,6 %, soit à 1532 francs. 43 % de cette différence ne peuvent pas être expliqués par des facteurs objectifs. Cela représente 657 francs (8,1 %) par mois.

Pour l’ensemble du secteur public (Confédération, cantons et communes), la différence salariale se situe en moyenne à 16,7 % (1498 francs). 35 % de cette différence ne peuvent pas être expliqués par des facteurs objectifs, ce qui représente une perte de salaire pour les femmes de 522 francs par mois (5,9 %).

Une comparaison par branches laisse apparaître d’importantes différences de salaire. Le même phénomène peut être constaté lors d’une comparaison entre régions.

Dès l’entrée dans la vie professionnelle

Les écarts salariaux entre femmes et hommes apparaissent dès l’entrée dans la vie professionnelle : non seulement les salaires de métiers typiquement masculins sont de quelque 200 francs plus élevés par mois que ceux de métiers typiquement féminins, mais la différence de salaire inexpliquée à conditions par ailleurs égales (note finale décernée, domaine d’activité, facteurs sociodémographiques, etc.) s’élève d’emblée à quelque 7 %, soit à 280 francs par mois.

Femmes cadres aussi concernées

Les femmes qui gagnent bien leur vie sont elles aussi concernées par l’inégalité et la discrimination salariales. En principe, plus la position professionnelle et le niveau d’exigences sont élevés, plus le salaire est élevé, plus la proportion de femmes est faible, et plus l’écart salarial entre femmes et hommes est grand. Les explications possibles sont d’une part le phénomène du plafond de verre, qui apparaît lorsqu’à un certain niveau de la hiérarchie, les femmes n’arrivent plus, ou seulement très difficilement, à progresser encore. Parmi les obstacles invisibles qui se présentent aux femmes, il y a le fait qu’après leur entrée dans la vie professionnelle, ces dernières bénéficient moins rapidement que les hommes de promotions et de hausses de salaire, ainsi que de formations continues offrant de nouvelles perspectives professionnelles et d’augmentation de salaire.

Malus pour les mères, bonus pour les pères

Le salaire des femmes mariées est en moyenne de 24 % inférieur à celui des hommes mariés. Souvent, après avoir donné naissance à un enfant, elles cessent ou réduisent leur activité. Des analyses montrent clairement que les femmes sont pénalisées sur le plan salarial dès qu’elles deviennent mères. En revanche, une paternité se traduit pour la majorité des hommes par une augmentation de salaire.

Lente réduction de l’écart des salaires 

Les écarts de salaire moyens entre femmes et hommes tendent à diminuer. Seulement, la part inexpliquée s’est stabilisée depuis quelques années à environ 40 % de l’écart salarial total.

Contexte : Graphiques sur l'égalité

Informations complémentaires

https://www.ebg.admin.ch/content/ebg/fr/home/themes/travail/egalite-salariale/bases/chiffres-et-faits.html